Directement
dérivé d' Un homme qui dort, le film de Bernard
Queysanne et Georges Perec, dont elle reprend des bribes de texte, l'installation
de Fance Dubois
consiste en une juxtaposition de diapositives - prises de vues extérieures
et autoportraits - projetées dans un ordre aléatoire. Montage
d'instantanés
(faussement ?) anodins de la vie quotidienne, Ta vie ralentie,
réitérant l'expérience de son prestigieux modèle,
prend la forme d'une errance mélancolique
sur fond d'environnements urbains plus ou moins désolés.
France Dubois ne s'en tient pourtant pas à un geste de simple repoduction
mais, en tissant des liens
sans cesse changeants enre image et son, cherche à donner à
des mots toujours identiques une résonance toujours autre : ainsi
le trouble qui ne peut manquer,
insistant, de saisir le spectateur placé face à ce continuel
glissement de sens n'est-il jamais tout à fait le même. Reposant
sur un équilibre fragile, la relation mise
en place par France Dubois suppose un spectateur absolument disponible.
Pour entrer dans Ta vie ralentie, il faut ne surtout pas presser
le pas, ni le regard,
mais, doucement, s'immobiliser, retenir son souffle et, subitement, plonger
au coeur de ce calme bloc de mystère.
Jérôme Provençal
Traverse Vidéo. Les Marges du réél, Catalogue
d'exposition, Toulouse, 2004 |